Chez Solaria, nous avions besoin d’automatiser notre production de slides. Avec beaucoup de contenus à préparer et des échéances qui s’enchaînaient, nous voulions passer moins de temps sur la mise en forme pour nous concentrer davantage sur le fond.
Tout en gardant des présentations soignées, fidèles à notre charte et faciles à suivre. L’objectif était de pouvoir produire régulièrement des slides de qualité, sans devoir reprendre chaque mise en page à la main. Nous voulions consacrer notre temps à l’argumentaire, aux exemples et à la manière de faire comprendre une idée, plutôt qu’à l’alignement des blocs ou au choix d’une icône.
Des essais encourageants, des limites récurrentes
Au fil des mois, nous avons testé plusieurs pistes. Les outils ne manquent pas : NotebookLM, des assistants comme Copilot ou Claude intégrés à nos outils de présentation, puis nos propres skills PowerPoint, construits à partir de notre design system pour guider Claude et ChatGPT. Nous avons progressivement précisé les consignes, les règles de mise en page et les éléments de notre charte pour essayer de retrouver un résultat cohérent d’une présentation à l’autre.
Les résultats étaient encourageants, mais les limites revenaient souvent. Avec NotebookLM, les présentations étaient difficiles à modifier. Les PowerPoint générés restaient assez basiques, avec des compositions répétitives et une esthétique très… « IA ». Certaines propositions constituaient une bonne base, mais nous passions encore beaucoup de temps à demander des corrections pour adapter ce qui était produit à nos besoins.
Dans nos essais, nous voyions peu à peu que le principal frein aux IA qui génèrent des PowerPoint, c’était le format PowerPoint lui-même. L’IA pouvait proposer des choses intéressantes, mais il fallait ensuite les faire entrer dans les contraintes du fichier. Une partie du travail consistait à contourner ces contraintes, au détriment de ce que nous cherchions à améliorer : la qualité et la rapidité de production.
Réunir la liberté du HTML et la retouche à la main
En parallèle, nous avons expérimenté le HTML. Les possibilités étaient bien plus larges : schémas animés, mises en page sur mesure, interactivité. Nous pouvions construire des présentations que nos essais en PowerPoint ne nous avaient pas permis d’obtenir, et choisir la forme la plus adaptée à ce que nous voulions expliquer.
Mais les retouches posaient un autre problème. Pour raccourcir un titre, déplacer un élément ou corriger un problème d’affichage, nous avions deux possibilités : repasser par l’IA ou intervenir directement dans le code HTML.
Dans le premier cas, chaque modification demandait une nouvelle instruction, consommait des tokens et imposait un peu d’attente. Dans le second, il fallait retrouver le bon endroit dans le code, comprendre ce qui devait changer et vérifier le résultat. À force d’allers-retours, nous pouvions finir par annuler les gains de temps réalisés lors de la génération. Il manquait quelque chose d’assez simple : pouvoir ouvrir la présentation et la modifier nous-mêmes, à la souris.
Nous voulions réunir la liberté du HTML et le fonctionnement familier d’un éditeur de slides. Pouvoir déplacer un bloc, réécrire un titre ou ajuster une mise en page sans dépendre systématiquement de l’IA. Et conserver un export PowerPoint pour les clients qui avaient besoin de reprendre le fichier dans leurs propres outils : ce format reste bien ancré dans les habitudes des organisations avec lesquelles nous travaillons.
Un prototype, puis les tests en équipe
En discutant, nous nous sommes dit :
« En fait, il faudrait refaire PowerPoint, mais en HTML natif. »
Lors d’un week-end de septembre, nous avons construit un premier prototype avec Codex. Puis toute l’équipe l’a testé. Une semaine d’allers-retours a suivi : fonctions manquantes, comportements agaçants, petites améliorations du quotidien. Chaque utilisation faisait apparaître quelque chose à ajuster, et les mises à jour se sont enchaînées.
Nous avons fini par obtenir une version suffisamment stable et adaptée à nos usages pour l’adopter dans notre travail quotidien. C’est devenu Solaria Slides.
Nous en avons profité pour y intégrer ce que nous aurions aimé avoir directement sous la main : notre design system, notre banque d’icônes, une interface revue et les fonctions nécessaires pour travailler sur nos présentations. Les assistants IA peuvent modifier, transformer ou animer une slide ou tout le deck. Chaque slide reste retouchable à la main dans l’éditeur. Et lorsqu’il faut transmettre un fichier, la présentation s’exporte en PDF ou en PowerPoint.

Solaria Slides, avec la présentation qui accompagne cet article.
Voir un exemple créé avec Solaria Slides
Nous avons transformé les idées de cet article en une présentation avec Solaria Slides, puis retouché les diapositives nous-mêmes. Vous pouvez feuilleter les sept diapositives ici et télécharger le PowerPoint pour examiner le résultat.
Feuilleter les diapositives Télécharger le PowerPoint
Comment travaille-t-on avec Solaria Slides ?
Aujourd’hui, nous préparons d’abord le contenu avec l’IA : le public, l’objectif, les idées, l’argumentaire et l’ordre des slides. Nous pouvons prendre le temps de discuter du raisonnement et de ce que chaque page doit apporter avant de nous occuper de sa forme.
Un skill partagé dans l’équipe génère ensuite la mise en page dans notre charte, directement dans Solaria Slides. Les règles communes sont déjà là : nous n’avons pas à réexpliquer notre design system à chaque nouvelle présentation ni à passer par une étape d’import.
Puis nous reprenons la main. Nous pouvons retoucher chaque élément ou demander une modification à l’IA, qui apparaît directement dans l’éditeur ouvert. Nous choisissons selon ce qui est le plus pratique : corriger nous-mêmes quelques mots, ou demander à l’IA de retravailler une slide entière. Et nous pouvons bien-sûr toujours partir d’une page blanche pour construire toute la présentation nous-mêmes.
Un outil adopté par l’équipe
Mon principal doute concernait l’adoption. Un éditeur construit autour de mes habitudes pouvait être très efficace pour moi sans convenir aux deux autres personnes de l’équipe. Nous sommes trois, ce qui rend les échanges simples, mais ne garantit pas que chacun adopte vraiment l'outil.
Pendant la semaine de tests, tout le monde a essayé le prototype et signalé ce qui manquait ou gênait : une fonction manquante, un comportement agaçant de l’éditeur ou une retouche qui demandait encore trop d’étapes. Ces retours ont déclenché des mises à jour successives. Chacun a pu voir ses besoins pris en compte et garder la possibilité de retoucher ses slides à la main.

Pour garantir l'adoption, il fallait que l'outil soit vraiment mieux que ce qui existe sur le marché, et qu'en une heure, ils disent : « OK, c'est beaucoup mieux, je l'adopte. » Cela a été le cas, donc la mission est réussie !
Partir de nos usages pour construire nos outils
Cette expérience, nous l’avons menée avec PowerPoint, mais aussi avec plusieurs autres outils internes chez Solaria. Créer un outil sur mesure devient plus rapide et moins coûteux, à condition de savoir ce que l'on fait.
Les premières versions demandent des ajustements, mais en itérant, nous obtenons des outils qui correspondent vraiment à nos besoins.
Il reste ensuite à organiser leur gouvernance et leur maintenance dans la durée. Chez Solaria, cela fait partie de notre métier. Pour d’autres entreprises, il faudra prévoir ce cadre à mesure que les équipes pourront créer leurs propres outils.
Et vous, quel logiciel aimeriez-vous pouvoir adapter à vos usages ?

